Réponse de Rav Gabriel DAYAN Bonjour Rav, J’ai une question qui me travaille depuis assez longtemps, et elle concerne la 'Amida, plus précisément le passage : Vénafchi Ké'afar Lakol Tihyé. Je me suis demandé comment il était possible de prier pour une telle chose. En effet, l’être humain a besoin de ressentir une certaine importance aux yeux des autres. À partir de là, je me suis interrogé : pourquoi ai-je besoin de ressentir cette importance ? Je n’ai pas trouvé de réponse totalement satisfaisante, mais j’en suis venu à l’idée que chaque être humain a besoin de sentir que son existence a de la valeur, que sa personne compte réellement. Je me suis alors rappelé d’un enseignement du Mikhtav Mééliyahou, dans lequel Rav Dessler explique qu’un manque peut être comblé de deux manières : soit par le travail sur soi, soit par la réception venant de l’autre. Dans le premier cas, l’homme devient un donneur ; dans le second, il devient un preneur. Ainsi, pour combler mon manque d’être considéré comme une personne importante, je peux soit travailler sur moi-même - par exemple en étudiant ce que la Torah enseigne à ce sujet - et devenir alors un donneur, soit utiliser le regard et la reconnaissance des autres pour combler ce manque, devenant ainsi un preneur. Ma question est donc la suivante : est-il juste de faire le lien entre ces deux idées ? Lorsque je prie Hachem d’être considéré "comme la poussière" par les autres, est-ce afin de pouvoir travailler sur moi-même et découvrir ma véritable grandeur intérieure ? En effet, si les autres me considèrent comme une personne importante alors que je ne le suis pas réellement, cela risque de fausser ma vision de moi-même et de m’empêcher d’être objectif. Si mon raisonnement ne tient pas, je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’expliquer pourquoi, selon la Torah, l’homme a besoin d’être considéré par les autres — ce que l’on peut appeler le Kavod. Et surtout, quelle est la véritable signification de cette partie de la 'Amida ? Merci Rav.
R Rav Gabriel DAYAN