Jusqu'à quand faut-il prier pour la Réfoua Chéléma d'un malade ?


Bonjour Rav,

Pendant combien de temps faut-il prier pour la guérison d'un malade ?

Réponse de Rav Gabriel DAYAN

Bonjour,

Il n'y a aucune limite au temps pendant lequel il faut prier pour un malade. Aussi longtemps qu'il a besoin de délivrance, il faut continuer à prier !

Même lorsque toute situation semble désespérée, il ne faut jamais cesser de supplier Hachem. Comme l'enseignent nos Sages, les 'Hakhamim : "Même si une épée tranchante est posée sur le cou d'un homme, qu'il ne s'abstienne pas de demander la miséricorde divine." Talmud Brakhot 10a.

Pourquoi ?

Parce que tant qu'Hachem n'a pas prononcé le Guezar Din - le dernier mot, rien n'est joué.

Un décret d'Hachem peut être modifié !!

Nos Sages, les 'Hakhamim, enseignent que la Téfila et la Téchouva ont le pouvoir de transformer la pire des situations, et surtout la Tsédaka. Choul'han ‘Aroukh - Yoré Déa, chapitre 247, Halakha 4, Talmud Yerouchalmi, Ta'anit, chapitre 2, Halakha 1.

Renoncer à prier sous prétexte que "cela fait longtemps" que l'on prie sans voir de résultat, reviendrait à considérer que la situation est irréversible. Or, pour un Juif, rien n'est jamais irréversible tant qu'Hachem n'a pas décidé que cela le soit. Et ceci, personne n'en est informé ! Talmud Moède Katan 16b et Talmud Chabbath 59b.

La Tefila c'est quoi ?

La Tefila ne consiste pas à informer Hachem de nos soucis. Ce n'est pas aussi des ordres ou des conseils que nous Lui donnons.

La Tefila c'est reconnaître que personne ne peut aider [le malade, par exemple] si ce n'est Hachem Lui-même. Plus on prie, plus on prend vraiment conscience que Tout dépend de la volonté d'Hachem et de rien d'autre. Ni les médecins, ni les traitements, ni aucun autre moyen ne peuvent réussir sans Sa volonté.

Donc, la Tefila n'est vraiment efficace que si elle nous transforme également. Si nous demandons à Hachem de modifier Son décret, nous devons être prêts, nous aussi, à modifier notre conduite.

Chaque amélioration dans les Mitsvot, chaque minute supplémentaire dans l'étude de la Torah, chaque Tsédaka est une manière de bénéficier de grands miracles !

Aucune prière sincère ne disparaît. Chacune est entendue par Hachem et produit l'effet qu'Il juge le meilleur.

Donc, il faut prier sans cesse et multiplier les mérites autour du malade, en rappelant à l'ordre les membres de sa famille, les voisins et les amis.

1. Deux petites perles du Talmud :

Rabbi Méir [Ba'al Haness] avait des voisins très méchants et très mauvais, qui le dérangeaient énormément.

Il priait pour qu’Hachem les fasse disparaître.

Sa femme, Brouria, lui fit remarquer - preuve à l’appui - qu’il ne convient pas d’agir de la sorte - Il faut prier pour que le Yétser Hara’ les quitte.

Il décida, donc, de prier en leur faveur afin qu’ils fassent Techouva et … ils firent Téchouva. Talmud Brakhot 10a.

2. Léa Iménou savait par Roua'h Hakodech [intuition prophétique] que 12 fils devraient naître à Ya'acov [voir Talmud Brakhot 60a].

Elle en avait déjà enfanté six, et chacune des servantes [Bilha et Zilpa], deux.

Si elle devait donner naissance à un autre fils, Ra'hel ne deviendrait la mère que d'un seul fils, ce qui la mettrait en état d'infériorité par rapport aux servantes.

Pour épargner une humiliation à sa sœur, elle pria pour qu'un miracle se produise et que l'enfant qu'elle portait soit changé en fille.

Durant les 40 jours suivant la conception, le changement est encore possible [et cela ne relève pas encore du miracle].

D'après certains de nos maîtres, le changement est encore possible jusqu'à l'accouchement s'il s'agit d'une personne Tsaddik. Talmud Brakhot 60a.

Vous êtes sensé, brillant et intelligent. Donc, il n’est pas nécessaire de développer davantage.

Nous sommes à votre disposition, Bé'ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.