Chalom Rav,
Pourquoi dans le livre de prières il n'y a pas de prière d'introduction à Yom-Tov comme il en existe une pour Chabbath (Kaballat Chabbath).
Il y a absolument rien entre Min'ha de Yom 'Hol et Arvit de Yom-Tov.
C'est le cas aussi pour Roch Hachana.
Pourquoi nos Sages n'ont pas institué de lire des Psaumes avant l'entrée des jours de fête ou avant Roch Hachana ?
Merci pour votre site
Réponse de Rav Gabriel DAYAN
Bonjour,
La différence vient du fait que la Kabbalat Chabbath n’est pas une instauration de nos Sages du Talmud, de la Michna ou des Anché Knésset Haguedola, mais une pratique beaucoup plus tardive, instaurée par les Kabbalistes de Tsfat, au XVIe siècle.
Ils ont composé cette série de Téhilim pour "accueillir" le Chabbath comme une présence spirituelle, avec une dimension presque "humaine".
Dans le Talmud et les Midrachim, le Chabbath est perçu comme une "reine" ou une "fiancée" que l'on accueille, d’où l’idée d’une cérémonie d’entrée.
Yom-Tov est davantage centré sur des thèmes historiques [sortie d’Égypte, don de la Torah, etc.], pour Roch Hachana, sur le jugement. L’approche est plus solennelle que relationnelle.
L’entrée dans Roch Hachana ou Yom Kippour est marquée par une certaine retenue : on passe directement à la prière, avec gravité car c’est ce sont des moments de jugement.
D'autre part, à la différence du Chabbath, les jours de Yom-Tov sont, en quelque sorte, fixés par le Beth-Din [puisque le 1er de chaque mois est décidé en fonction de leur décision]. Leur sainteté "passe", donc ["aussi"], par le peuple d'Israël. Du coup, il n’y a pas la même idée d’une présence qui "descend" qu’on devrait accueillir comme pour le Chabbath. On ne reçoit pas Yom-Tov, on le sanctifie. En d'autres termes, le Chabbath "arrive" indépendamment de nous. Sa sainteté descend d’en haut, on la reçoit.
C’est pour ça qu’on a développé une idée d’accueil, exprimée par la Kabbalat Chabbath.
Sous un autre angle : Chabbath est décrit dans les Midrachim et les écrits de nos maîtres comme un moment d’intimité entre Hachem et Son peuple. La métaphore de la fiancée ou de la reine vient naturellement : c’est une relation presque "privée". Ce qui n'est pas le cas de Yom-Tov, qui est plus collectif [visite au Beth-Hamikdach] et durant lequel, un accent particulier est mis sur la joie ressentie pour les bons repas. Il y a donc, moins d’intimité.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

