Bonjour Rav,
Peut-on donner un aliment acheté par erreur à base de 'Halav Nokhri à des personnes qui en consomment ? Il s'agit de produits disposant d'une Cacheroute (OU Dairy et Rabbinat de Hollande).
Merci Rav.
Réponse de Rav Aharon SABBAH
Bonjour,
1. Il faut tout d’abord savoir qu’il est interdit de donner à un Juif un aliment interdit à la consommation, afin de ne pas transgresser l’interdit de « placer une embûche devant l’aveugle » (Lifné 'Iver), ou encore d’aider autrui à commettre une faute (Messaye’a Lidvar 'Avéra).
2. Lorsque l’aliment n’est pas unanimement considéré comme interdit, certains avis permettent de le donner à un Juif (Responsa du Mabit chap. 21 ; Ktav Sofer, Ora'h 'Haïm. chap. 77 et Yoré Dé'a chap. 66). D’autres, en revanche, l’interdisent (Cha’ar Hamélekh, Ichout 3, 16).
Pour sa part, le Rav Acher Weiss (Responsa Min’hat Acher, tome I, chap. 11) propose la distinction suivante : si la personne adopte une attitude rigoureuse par simple doute, elle peut le donner à une personne qui est indulgent sur ce point. En revanche, si elle considère l’interdit comme certain, elle ne peut pas le donner à autrui.
3. Pour revenir à votre question : il est vrai qu’il est recommandé, selon l’opinion majoritaire des décisionnaires, de ne consommer que du lait surveillé. Toutefois, une personne qui adopte une position plus permissive ne saurait être blâmée, car elle dispose d’avis sur lesquels s’appuyer. Dès lors, étant donné que celui qui consomme du lait non-surveillé ne transgresse pas un interdit certain — puisqu’il s’appuie sur des opinions indulgentes — et qu’il s’agit en outre d’un interdit d’ordre rabbinique [Voir Ramban 'Avoda Zara 22a] , il est possible d’adopter une attitude permissive et de lui donner cet aliment acheté par erreur, et ce, à plus forte raison si vous considérez cette pratique comme une mesure de rigueur et non comme une interdiction stricte.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Soyez bénie !

