Bonjour Rav,
Pourquoi certaines actions comme s'asseoir dans un restaurant non-Cachère ou porter un faux piercing à un endroit "interdit" sont considérées comme un cas de Mar'it Ha'ayin, alors que le port d'une perruque par une femme mariée ne l'est pas malgré une apparence extérieure qui pourrait être interprétée différemment par beaucoup ?
Merci Rav.
Réponse de Rav Gabriel DAYAN
Bonjour,
Le concept de Mar’it Ha’ayin a effectivement été avancé par certains décisionnaires comme argument pour s’opposer au port de la perruque, craignant qu’elle puisse donner l’apparence d’un non-respect de l’obligation de couvrir la tête. Mais avec l’évolution des manières de s'habiller, cet argument n’est plus retenu par l’ensemble des décisionnaires car la perruque est aujourd’hui largement répandue et reconnue comme un moyen de couverture de la tête, et il est évident dans l’esprit de tous qu’une femme mariée a nécessairement la tête couverte.
En d'autres termes, étant donné qu’il s’agit d’une Halakha connue de tous, il est évident qu’une femme mariée porte quelque chose sur la tête, même si la nature exacte de cette couverture n’est pas immédiatement identifiable. Par conséquent, l’argument de Mar’it Ha’ayin ne s’applique plus, puisqu’il n’existe aucun doute quant au fait que l’obligation de couverture de la tête est bien respectée.
D'une manière générale, on ne peut pas appliquer ce même raisonnement à une personne qui entre dans un restaurant non Cachère ou qui porte un faux piercing.
Dans le cas de la perruque, même si, à première vue, on ne la voit pas forcément, les gens savent que c’est quelque chose de fréquent. Il n’y a donc pas de risque réel que quelqu’un pense qu’elle sort la tête découverte en transgressant la loi. Par contre, pour un faux piercing ou le fait d’entrer dans un restaurant non cachère, la situation est différente. Ces choses ne sont pas perçues comme "habituelles" ou "reconnues" dans un cadre permis. Quand on voit quelqu’un avec un piercing visible, on suppose que c’est un vrai. De même, si une personne entre dans un restaurant non Cachère, la plupart des gens penseront qu’elle y mange, et non qu’elle y va juste pour parler ou faire autre chose.
La différence vient donc du regard des autres : dans le cas de la perruque, tout le monde connaît la réalité et ne se trompe pas ; dans les deux autres cas, la confusion est encore trop probable.
Pour des détails supplémentaires, cliquez sur ces liens :
https://www.torah-box.com/question/repas-d-affaire-dans-un-restaurant-taref_16052.html
https://www.torah-box.com/question/prendre-un-cafe-des-fruits-dans-un-hotel-non-cachere_77105.html
https://www.torah-box.com/question/consommer-une-limonade-dans-un-cafe-taref_52676.html
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

