Dormir chez une amie non-juive


Chavou'a Tov,

Ma fille souhaite dormir chez sa copine non-juive, et j'aimerais savoir si cela est permis.

Je vous remercie par avance de votre réponse.

Cordialement.

Réponse de Rav Gabriel DAYAN

Bonjour,

Je comprends parfaitement votre souci et votre ouverture envers l’amie de votre fille, et je suis sûr qu’il n’y a ici aucune mauvaise intention, ni de votre part ni de la sienne. Cependant, il faut aussi penser à la réalité dans laquelle votre fille évoluera si elle dort chez elle.

Même si tout part d’une bonne volonté, elle risque de se retrouver dans des situations où il lui sera très difficile de respecter certaines règles importantes de notre mode de vie : par exemple, la nourriture qui ne serait pas cachère, des programmes ou contenus qui ne sont pas conformes à notre regard de la vie, ou simplement des habitudes et façons de penser différentes qui pourraient influencer son cœur et son esprit.

Ce n’est pas une question de juger ou de déprécier l’amie, absolument pas !!!! Mais plutôt de protéger votre fille d’épreuves qu’il est préférable d’éviter tant qu’on le peut.

Notre vision du monde, nos valeurs, et la manière dont nous les vivons au quotidien sont profondément différentes. Passer la nuit dans un environnement non conforme pourrait, sans qu’elle le veuille, l’amener à s’éloigner de ce qui est essentiel pour elle.

En résumé : il ne s’agit pas de dire « non » à une amitié, mais simplement de préserver l’intégrité spirituelle et les habitudes de vie d’une jeune fille juive, afin qu’elle puisse continuer à grandir dans son chemin avec sérénité.

Donc, c'est une chose à éviter.

Montrez cette réponse à votre fille mais ne déclarez pas la guerre en cas de refus de sa part. Ce n'est pas avec du vinaigre que l'on attrape les mouches, c'est avec du miel. Donc, la stratégie à adopter devrait être fondée sur la douceur et la persuasion plutôt que sur la critique ou la confrontation. Dans cette optique, il est essentiel d’instaurer un climat favorable aux pourparlers, afin de favoriser un dialogue ouvert et constructif.

Par ailleurs, si votre fille a déjà plusieurs amies non-juives, cela peut rendre plus difficile la mise de limites claires et la préservation de notre identité. C’est une réflexion importante à avoir : sur ses amitiés, sur les environnements dans lesquels elle évolue, et, si ce n’est pas déjà le cas, sur la possibilité de l’inscrire dans une école juive où elle pourra se construire avec des amies partageant les mêmes valeurs. Les influences de l’entourage façonnent beaucoup une jeune fille, les choses commencent petites, presque invisibles, mais finissent comme une fuite d’eau : au début, on croit pouvoir la contenir, et puis un jour elle devient incontrôlable.

Le Rambam [Hilkhot Déot, chapitre 6, Halakha 1-2] écrit : "Il est naturel d’être influencé, dans son caractère et sa conduite, par ses voisins et amis, et de suivre les habitudes des habitants de sa ville. Aussi convient-il de s’associer aux justes, et de toujours fréquenter la compagnie des sages, afin d’apprendre de leur conduite, et de fuir les méchants qui marchent dans l’obscurité, afin de ne pas être influencé par leurs pratiques. C’est ce que dit [le roi] Salomon : « Celui qui fraie avec les sages deviendra sage ; celui qui fréquente les sots deviendra mauvais."

Pour des détails supplémentaires, cliquez sur ce lien :

https://www.torah-box.com/question/comment-eviter-de-subir-une-mauvaise-influence_74837.html

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.