
La question de la peine et de la tristesse que nous ressentons face à une faute est capitale. Ces sentiments sont généralement ceux qui s’imposent à nous dès lors que nous réalisons que nous nous sommes égarés et que nous n’avons pas agi conformément à ce que la Torah attendait de nous.
Et cette peine est d’autant plus forte qu’elle nous parait de prime abord tout à fait légitime. Nous n’avons pas été à la hauteur, nous avons dons des raisons de nous en vouloir et d’être triste. Bien souvent, cette tristesse s’accompagne d’un sentiment d’auto-dévalorisation et d’une perte d’estime de soi.
Chacun le comprend bien, la tristesse peut rapidement prendre des proportions que nous ne maitrisons pas et devenir dévastatrice.
Rappelons un principe fondamental de la Torah : l’homme doit fuir, en règle générale, les sentiments de peine, de tristesse, de mélancolie. En effet, ceux-ci sont bien souvent les agents du Yetser Hara’, du mauvais penchant pour empêcher l’homme de se repentir et d’agir positivement.
En effet, pris dans une spirale de négativité, de dépression et de dévalorisation de lui-même, l’homme se sent découragé, abattu, il perd l’énergie vitale qui le pousse à agir positivement et à rechercher les Mitsvot. Aussi, nos Sages nous disent que le « mauvais penchant » est moins intéressé par la faute elle-même que par la tristesse qu’elle va générer.
Aussi, faut-il être vigilant à circonscrire le sentiment de tristesse, de chagrin, dans des limites de temps très précises afin qu’il ne dévore pas notre énergie. Nos Sages nous recommandent ainsi de consacrer un court moment chaque jour, avant de se coucher par exemple, pour faire son examen de conscience et essayer de réfléchir aux fautes que nous avons commises. Nous pouvons alors méditer sur la grandeur de D.ieu, Sa miséricorde, Son infinie bonté, et ressentir durant ces moments du chagrin pour les fautes commises et qui peuvent, D.ieu nous en préserve, éloigner l’homme de D.ieu.
Comme l’indique Rabbénou Yona dans Chaaré Téchouva, Hachem ne garde pas rancune à celui qui ressent du chagrin pour ses fautes « Je ne châtierai pas pour toujours, Je ne m’emporterai pas pour toujours, car l’esprit qui s’enveloppe de chagrin vient de Moi et les âmes que J’ai faites ».
L’idée n’est donc pas de nier la tristesse que l’on ressent, mais d’en faire un moteur pour la Téchouva en l’encadrant dans certaines limites.

